L'envie d'écrire. Ceux qui n'se sentent pas motivés à lire, tant pis.
Ce n'est pas l'endroit où j'ai grandit, pas en vrai. Voyez plutot, j'y ai grandi en faits. Ce sont là-bas mes plus beaux souvenirs d'eau, de soleil, et de
famille. C'était peut être le temps de l'insouciance, quand on pouvait s'enorgueillir de chaque trophée arraché à quelque bête étrange qu'on aurait pu terrasser dans les broussailles arides.
Là-bas, c'est le souvenir d'un camping très particulier. Là-bas c'est le désir d'acheter ces gros malabars roses, bien trop gigantesques pour nos petites bouches mastiquant frénétiquement.
C'était,alors le "temps" des francs, oui : 40 centimes, pour nous ça ne représentais pas grand chose ... Juste une ou deux pièces de monnaie. Quelques secondes plus tard, un sourire s'étalait sur
toute la largeur de notre face. Un sourire, je le sais, au goût sucré. Comme ceux qui se font trop rares aujourd'hui, un sourire qui faisait saliver d'impatience, un sourire aux
conservateurs,à conserver au plus chaud dans sa mémoire.
Ou alors, nos têtes blondes courant sur la terre aride, jonchée d'épines sèches, vers le torrent en contrebas. Je me souviens, le tambour des sandalettes
remontant le long de mes jambes, répercuté par mon propre petit cœur. Qui pulsait, alors, à l'époque, pour lui seul. Construire des radeaux avec l'écorce d'un vieil arbre, réinventer la
navigation, les lois de la physique. Et l'admiration, l'émerveillement, de tout. L'apprentissage sûrement, de toutes les choses de la vie. En ce moment j'aimerai y retourner, à un mode de vie
plus stable où chaque jour était un émerveillement perpétuel, un miracle fabuleux, une innovation incalculable... Je me souviens ... Tout ... Et j'y suis comme attiré, comme un oiseau vers
son endroit de naissance, là où il ira faire à son tour faire naître ses enfants.
Lui, c'est un roc. Un roc fait en glace. Je le comprends, oui. Comme un frère comprends son sang, comme deux images différentes
d'un même esprit. Un rien le perce. Un rien spécifique. Je l'admire de loin, sans jamais trop m'approcher. Même, je joue, rentre dans son jeu : celui qu'il veut bien me faire jouer. A son
évocation mes joues n'embuent, mes yeux se teintent d'un bleu plus perçant. Toute résistance est avec lui inutile, il me jauge et me tue d'un regard, parfois. Il me rempli de fierté à
d'autres moments, à sa façon tellement imprévisible. Mais sous tout le reste se cache celui que j'ai toujours connu, rayonant. Il attend son tour, perché sur son rocher face à la mer. Il
n'est pas loin, à portée de main, presque ... je le touche.
Ma drogue s'appelle imagination. Ma religion la franchise. J'éssaye à cet instant précis de faire plier mon esprit pour ne ressentir
que les émotions, les sentiments que je veux faire passer de ma tête à mon corps. Allons, voyons, ce n'est pas impossible, on peut se forcer à des choses bien pires que ça. Je peux
arrêter de me sentir vide, m'inventer un comble de moi même, un ciment qui boucherait les affres du temps. Du "temps" ah ça oui, non ... quand même pas si peu de temps ? Je peux, puisque je
le veux. Même si c'est si compliqué, dur, presque impossible, douloureux, blessant, addictif, privatif, je peux arrêter de vouloir être Deux.
C'est aussi simple que ça.
Aussi simple que le dire.
Que le dire ... Fort ?
Peut être, qu'en le murmurant, en suppliant à ceux qui veulent bien l'entendre, au gré du vent ?
En espérant, plus fort.




